Pour aller plus loin

Léo Sudre

« Parfois je me demande si ce sont les montagnes qui portent le béton ou le béton qui tient les montagnes. Prométhée a volé le feu pour le donner à l’Homme. L’Homme l’a mis en poche et pense le maîtriser. Les forêts brûlent. Bientôt des kebabs sur la lune. La con- quête spatiale figure un nouveau colonialisme. L’Homme façonne la planète à son image. »

La production de Léo Sudre met en scène ces points de rupture, de déséquilibre, l’instant où l’Homme soumet et contrôle son écosystème. Ironisant et jouant souvent de second degré, sa démarche interroge notre rapport à la nature. Ses sculptures marient fréquemment des opposés. Il use de rapports d’échelle pour dessiner des paysages, voyageant entre macro et micro. Le vivant s’accouple au manufacturé, l’artificiel au naturel, par une hybridation d’objets empruntant généralement à l’esthétique du chantier.

Son travail est une recherche de formes, de couleurs, de textures. Par la juxtaposition de ces matières, de ces représentations, Léo Sudre construit une narration plurielle qui conjugue des lectures profondes et potaches, sensibles et réfléchies. C’est dans ces interstices que naît la poésie, dans des espaces nouveaux qui révèlent notre monde dans son absurdité.